Protéines du blé panifiable : pourquoi l’azote seul ne suffit pas

Plus d’azote ne donne pas automatiquement plus de protéines. Dans la feuille, l’azote doit devenir des acides aminés, et pour cela la plante a besoin de partenaires : magnésium, bore, soufre, molybdène. S’il en manque un, l’azote reste inutilisé. Voici où cela s’est produit dans notre propre blé.
Deux étapes de la lumière à la protéine
La plante construit les protéines en deux étapes. D’abord la photosynthèse : elle fournit le sucre et donc l’énergie. Pour cela, elle a besoin de magnésium, de fer, de manganèse, d’azote et de phosphore. Ce que la plante n’utilise pas elle-même, elle l’envoie dans le sol sous forme d’exsudats racinaires et nourrit ainsi la microbiologie.
Ensuite la synthèse des protéines : le sucre et l’azote deviennent des acides aminés, et les acides aminés des protéines. C’est ici que le bore, le soufre et le molybdène interviennent.
Le mécanisme est le plus clair pour le molybdène. Il est cofacteur de la nitrate réductase, l’enzyme qui transforme le nitrate en ammonium, première étape vers l’acide aminé. Le soufre entre dans la composition des acides aminés cystéine et méthionine. Le bore intervient dans le métabolisme de l’azote et le transport des sucres.
Ce que notre feuille a montré le 7 avril
Le 7 avril 2025, nous avons prélevé de jeunes feuilles de notre blé d’hiver à Ruswil. J’explique la structure de la feuille dans l’article sur l’analyse de sève. Ici, il s’agit des valeurs de la chaîne protéique.
Le sucre était à 5,3 %, l’optimum étant de 0,5 à 2,8 %. Le nitrate était bas à 44 ppm (optimum inférieur à 150), l’azote total dans la plage à 2796 ppm. La photosynthèse tournait donc, et l’azote était transformé.

En dessous se trouvaient trois partenaires de la chaîne protéique : magnésium à 128 ppm (optimum 250 à 430), soufre à 164 ppm (360 à 590) et bore à 0,37 ppm (0,40 à 1,20). Le molybdène, à 0,07 ppm, était dans l’optimum mais en limite basse (0,05 à 0,20).
À mon avis, c’est exactement la configuration où une culture a bonne mine et où il reste une marge pour les protéines. Nous n’avons pas mesuré ce que cela donne dans le grain. La feuille montre où se situe probablement le goulot d’étranglement, pas la teneur en protéines à la récolte.
Ce que vous pouvez faire au printemps
Compensez les éléments manquants de façon ciblée par la feuille. C’est plus rapide que par le sol, souvent froid ou sec au printemps. Nos valeurs de référence pour les céréales :
- Magnésium : 5 l de Carbo Eco Mg par hectare. Sur sols froids, le magnésium est à peine mobile ; la feuille l’absorbe mieux que le sel d’Epsom.
- Bore : 0,5 l de Phytogreen Bore par hectare couvre la moitié des besoins saisonniers des céréales.
- Molybdène : 0,25 l par hectare, une fois par an. Plus d’informations sur la page des engrais foliaires.
Pour le soufre, nous n’avons pas de dose standard. Nous la définissons au cas par cas après l’analyse.
Si vous avez aussi besoin d’azote, il existe l’engrais foliaire azoté à base d’acides aminés et de peptides. Nous le recommandons en cas de tallage faible et à la montaison. Dans des essais au champ et en laboratoire, il a apporté au blé d’hiver environ 11 % de rendement en plus, une teneur en protéines plus élevée et une meilleure qualité boulangère. Préparez la bouillie selon les six règles de la fertilisation foliaire, sinon peu d’engrais arrive dans la feuille.
Où sont les limites
La teneur en protéines dépend aussi de la variété, de la dose d’azote et de la météo. La pulvérisation foliaire ne remplace rien de tout cela. Elle comble des lacunes que vous ne verriez pas autrement.
En cas de sécheresse, décalez les apports d’azote prévus d’une à deux semaines, jusqu’au retour de la pluie. Sinon, vous renforcez le stress hydrique. Les analyses de sève d’avril 2025 nous l’ont montré.
La prochaine étape
Prélevez des feuilles dès que la culture a assez de masse foliaire, au tallage ou au début de la montaison. L’analyse de sève vous dit alors lesquels des sept éléments nutritifs manquent chez vous. Pour le magnésium, voyez l’article sur la carence en magnésium, pour le bore l’article sur la carence en bore. Questions sur votre culture : venez au conseil.
Questions fréquentes sur les protéines du blé panifiable
Pourquoi plus d’azote ne donne-t-il pas automatiquement plus de protéines ?
Dans la feuille, l’azote doit devenir des acides aminés, et pour cela la plante a besoin de partenaires : magnésium, bore, soufre et molybdène. S’il en manque un, l’azote reste inutilisé.
De quels éléments nutritifs la plante a-t-elle besoin pour les protéines ?
La plante construit les protéines en deux étapes. La photosynthèse nécessite magnésium, fer, manganèse, azote et phosphore. La synthèse des protéines nécessite bore, soufre et molybdène. Le molybdène est cofacteur de la nitrate réductase, et le soufre entre dans la composition des acides aminés cystéine et méthionine.
Qu’a montré la feuille de notre blé d’hiver le 7 avril 2025 ?
Sucre 5,3 %, nitrate 44 ppm et azote total 2796 ppm étaient corrects. En dessous se trouvaient le magnésium à 128 ppm (optimum 250 à 430), le soufre à 164 ppm (360 à 590) et le bore à 0,37 ppm (0,40 à 1,20). Nous n’avons pas mesuré ce que cela donne dans le grain.
Quelles doses d’engrais foliaire utiliser au printemps dans les céréales ?
Magnésium : 5 l de Carbo Eco Mg par hectare. Bore : 0,5 l de Phytogreen Bore par hectare, ce qui couvre la moitié des besoins saisonniers des céréales. Molybdène : 0,25 l par hectare, une fois par an. Pour le soufre, il n’y a pas de dose standard ; nous la définissons après l’analyse.
Que faire des apports d’azote prévus en cas de sécheresse ?
Décalez-les d’une à deux semaines, jusqu’au retour de la pluie. Sinon, vous renforcez le stress hydrique. Les analyses de sève d’avril 2025 nous l’ont montré.
Dernière mise à jour : novembre 2026. Auteur : EDAPRO GmbH, Ruswil, Suisse. Sources : essais, analyses de sève et expérience de terrain d’EDAPRO.
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